Mort, oh Mort
Toi la mort, la vicieuse, la salope
Toi la pute, la garce, l'immorale.
Toi la libératrice, la grande puissante
Toi la seule dominatrice
Toi qui ne parle jamais et qui a toujours le dernier mot
Viendras tu bientôt me délivrer
Viendras tu me bercer dans tes bras putréfiés
Feras tu bientôt siffler ta faux par dessus ma tête pour couper ce fil mince qui me relie à la vie, au monde, à la joie, à la beauté, à l'amour, au plaisir de peindre ou à celui de lire un poème ?
Comment penses-tu me voler mon bien, celui qui m'a été offert, le seul que je n'ai jamais du rembourser ? Enfin, pas encore..
Me prendras tu la vie, doucement, imperceptiblement dans mon sommeil rien qu'en soufflant un peu de ton haleine fétide ? M'étoufferas tu dans un fou-rire au milieu d'un fête mémorable ?
M'éteindras tu dans les bras d'une belle, me faisant passer de la petite mort à l'autre, l'éternelle ?
Ou seras-tu plus sournoise ? Me feras tu passer de vie à trépas en te moquant de moi ?
Me tuant d'une façon ridicule de telle manière que les gens poufferont de rire en passant sur ma tombe au lieu de la fleurire ?
Peut être seras tu plus sadique encore, et tu me donneras ton baiser de putain afin de me faire crever lentement, me faire bouffer longuement par un de tes sales crabes.
Mais je te préviens, La Mort, tu n'es pas prêtes a me regarder de tes yeux vides ni de me prendre dans tes bras osseux, je te combattrais, je te repousserais, je te vaincrais.
Mais pourquoi ai-je aussi froid ? Pourquoi le ciel est-il si sombre tout à coup ?
La Mort, je plaisantais, je faisais le fier à bras... laisse moi du temps encore, je n'ai pas tout vu, je n'ai pas tout entendu... je n'ai pas vu toutes les fleurs, pas senti toutes les fragrances.
Je n'ai pas navigué sur toutes les mers, pas entendu toutes les prières..
Laisse moi du temps, La Mort, et ce jour là, le dernier, je te rendrais ton baiser.